Les jours redeviennent mornes.
J'aimerais ne pas considérer cette année comme l'ultime étape de l'enfance. Mais à quoi bon? Il n'y a que le bac qui me retiens et j'en suis frustrée depuis quelques temps déjà. Ma terminale porte bien son nom...
Rien ne me convient, j'attends sur ma chaise de lycéenne et je pense bien souvent au mois de juin. J'aimerais avoir tout appris en une journée, payer le bac comme on paye le bus, m'en aller. J'aimerais partir loin des miens dans un endroit inconnu, j'aimerais avoir peur, pleurer de solitude pour me dire que je ne pleure plus pour un rien, parler une langue qui n'est pas la mienne, vivre différemment. Me prouver que le diabète n'est pas une barrière. Prouver aussi à une mère que grandir ne me donne plus honte.
Il est bien temps de m'en aller. Je suis tellement déterminée que je ne pense qu'au départ, et le présent me paraît parfois futile. Je me vois déjà sur un quai de gare, je me vois déjà deux larmes sur les joues et je reconnais déjà les visages de ceux qui me tenteraient de rester. Je vois pas bien loin dans mon futur pourtant mes projets et mes envies se tiennent, restent intacts. Et dès que j'en parle, je me sens plus vivante que jamais.
J'ai besoin de faire ce pas même si j'en reviens déçue. J'ai besoin de me séparer de relations trop fusionnelles. J'ai besoin d'être moi au milieu de monde qui ne me connait pas. J'ai besoin de me trouver, je crois.
J'aimerais ne pas considérer cette année comme l'ultime étape de l'enfance. Mais à quoi bon? Il n'y a que le bac qui me retiens et j'en suis frustrée depuis quelques temps déjà. Ma terminale porte bien son nom...
Rien ne me convient, j'attends sur ma chaise de lycéenne et je pense bien souvent au mois de juin. J'aimerais avoir tout appris en une journée, payer le bac comme on paye le bus, m'en aller. J'aimerais partir loin des miens dans un endroit inconnu, j'aimerais avoir peur, pleurer de solitude pour me dire que je ne pleure plus pour un rien, parler une langue qui n'est pas la mienne, vivre différemment. Me prouver que le diabète n'est pas une barrière. Prouver aussi à une mère que grandir ne me donne plus honte.
Il est bien temps de m'en aller. Je suis tellement déterminée que je ne pense qu'au départ, et le présent me paraît parfois futile. Je me vois déjà sur un quai de gare, je me vois déjà deux larmes sur les joues et je reconnais déjà les visages de ceux qui me tenteraient de rester. Je vois pas bien loin dans mon futur pourtant mes projets et mes envies se tiennent, restent intacts. Et dès que j'en parle, je me sens plus vivante que jamais.
J'ai besoin de faire ce pas même si j'en reviens déçue. J'ai besoin de me séparer de relations trop fusionnelles. J'ai besoin d'être moi au milieu de monde qui ne me connait pas. J'ai besoin de me trouver, je crois.


