Je suis une petite.
Je regarde une série tv un peu démodée, j'écoute des chanson pop qui ont un arrière goût de chewing-gum, je nage dans le rose et le bleu ciel. J'ai des amis en bonbons, j'ai peur du monstre sous mon lit. J'aime sentir les fleurs et courir dans l'herbe mouillée par la rosée fraiche du matin. Je vais à l'école pour comprendre tout, au fond, j'ai appris que tout ne se comprend pas. C'est ainsi que je me suis mise à chanter sans expliquer pourquoi cela me rendait tant heureuse. Je ne comprends toujours pas d'où me viens cette magie lorsque j'écoute cette jolie musique. La jolie musique, c'est la grande dame qui me garde. Elle a de beaux cheveux noirs. J'ai toujours voulu lui ressembler. Elle dit qu'elle chante quelque chose qui s'appelle Jazz. Qu'est ce que c'est beau. Quand je suis dans mon bain, elle s'installe sur une chaise près de la baignoire et elle ouvre la bouche elle aussi. Oh, sauf qu'elle, sa bouche ne chante pas faux. Alors, j'écoute tout en baignant mes barbies. Elles sont d'ailleurs dénudées parce que d'abord les robes sont trop belles pour être mouillées, et ensuite, aucune n'a de maillot de bain. J'écoute en faisant des bruits d'eau avec mes barbies. Et cela me donne encore plus envie d'ouvrir la bouche, de plus en plus grand. Maman dit que c'est très bien. Je l'ai toujours entendue dire ça quand j'ouvre la bouche. Elle a un regard attendrit, mais moi ce n'est pas ce que je veux. Je veux qu'elle ouvre les yeux grand au lieu de les plisser. Je veux, j'aimerais me corrige papa. Papa lui aime être quelqu'un qui s'appelle fier. Je ne sais pas qui est fier. Mais quand il est comme ça, il a l'air content.
Je vous regarde, papa, maman. Je vous regarde me garder petite, avec la bouche grande ouverte. Ce n'est pas ça que je veux. On ne garde rien de petit, je le sais, et je prends toujours pour exemple votre amour. Et le mien aussi. Soyez heureux de mes conneries de future adulte. Ne regrettez pas mon enfance, c'est d'une telle erreur...
J'ai grandis.
Je regarde une série tv un peu démodée, j'écoute des chanson pop qui ont un arrière goût de chewing-gum, je nage dans le rose et le bleu ciel. J'ai des amis en bonbons, j'ai peur du monstre sous mon lit. J'aime sentir les fleurs et courir dans l'herbe mouillée par la rosée fraiche du matin. Je vais à l'école pour comprendre tout, au fond, j'ai appris que tout ne se comprend pas. C'est ainsi que je me suis mise à chanter sans expliquer pourquoi cela me rendait tant heureuse. Je ne comprends toujours pas d'où me viens cette magie lorsque j'écoute cette jolie musique. La jolie musique, c'est la grande dame qui me garde. Elle a de beaux cheveux noirs. J'ai toujours voulu lui ressembler. Elle dit qu'elle chante quelque chose qui s'appelle Jazz. Qu'est ce que c'est beau. Quand je suis dans mon bain, elle s'installe sur une chaise près de la baignoire et elle ouvre la bouche elle aussi. Oh, sauf qu'elle, sa bouche ne chante pas faux. Alors, j'écoute tout en baignant mes barbies. Elles sont d'ailleurs dénudées parce que d'abord les robes sont trop belles pour être mouillées, et ensuite, aucune n'a de maillot de bain. J'écoute en faisant des bruits d'eau avec mes barbies. Et cela me donne encore plus envie d'ouvrir la bouche, de plus en plus grand. Maman dit que c'est très bien. Je l'ai toujours entendue dire ça quand j'ouvre la bouche. Elle a un regard attendrit, mais moi ce n'est pas ce que je veux. Je veux qu'elle ouvre les yeux grand au lieu de les plisser. Je veux, j'aimerais me corrige papa. Papa lui aime être quelqu'un qui s'appelle fier. Je ne sais pas qui est fier. Mais quand il est comme ça, il a l'air content.
Je vous regarde, papa, maman. Je vous regarde me garder petite, avec la bouche grande ouverte. Ce n'est pas ça que je veux. On ne garde rien de petit, je le sais, et je prends toujours pour exemple votre amour. Et le mien aussi. Soyez heureux de mes conneries de future adulte. Ne regrettez pas mon enfance, c'est d'une telle erreur...
J'ai grandis.


